Ceux qui s'opposent à la démocratie directe imaginent des citoyens incapables de participer au vote des lois. Il leur manquerait la formation, les capacités ou tout simplement le temps dont disposent les politiciens de métier. Confier les décisions aux politiciens serait la meilleure chose à faire.

Une réponse s'impose :

Les décisions politiques concernent essentiellement des choix dans le domaine de la morale, des valeurs humaines, et là les citoyens sont aussi compétents que les politiciens. Les citoyens ne sont pas censés connaître tous les détails techniques – experts et fonctionnaires spécialisés s'en occupent – mais ils peuvent savoir globalement de quoi il s'agit.

I. En Suisse

L'exemple suisse - quoique imparfait – est très intéressant puiqu'il montre la prise de décision en démocratie directe. La démocratie agit en Suisse au niveau fédéral depuis le 19e siècle grâce à trois moyens importants :

1/ Le référendum facultatif : lorsque le parlement a ratifié une loi ou un traité, 50.000 citoyens peuvent exiger un vote populaire concernant cette décision après la récolte des 50.000 signatures.

2/ L'intiative populaire : lorsque 100.000 citoyens donnent leur signature à une proposition de loi écrite par des citoyens, alors un référendum a lieu, éventuellement accompagné d'une proposition opposée du parlement. Les citoyens ont alors trois choix : la proposition des citoyens, la proposition inverse du parlement, le statu quo (aucune des deux). Une question de contrôle permet d'obtenir une majorité absolue pour une des propositions.

3/ Le référendum obligatoire : dans certains cas, comme un changement dans la constitution ou l'abandon de la souveraineté du pays à des organismes internationaux, un référendum doit être organisé.