Les politiciens sont aussi des « généralistes » :

Les politiciens n'en savent habituellement pas plus que les citoyens. Les premiers doivent décider en continu dans quantité de domaines et ne connaissent à fond que de rares dossiers. Dans la plupart des cas, les politiciens – au même titre que monsieur n'importe qui – se servent de « shortcuts » : les avis brefs de spécialistes de leur parti, d'associations intéressées, d'experts...

« Shortcuts » face à « savoir encyclopédique » : D'après le politologue Arthur Lupia (shortcuts versus encyclopedias, American Political Science Review 88, 1994) qui a examiné des initiatives populaires en Californie, il apparaît que l'attitude des électeurs est fort semblable, qu'ils aient été influencés par les vues synthétiques de la presse et des experts (shortcuts) ou qu'ils aient disposé d'une réelle connaissance approfondie (encyclopedias). Des citoyens qui s'inspirent de shortcuts votent – à 3% près – comme des citoyens qui se sont instruits au maximum. Ce résultat nous fait comprendre qu'il s'agit de jugements de valeur dans les choix en démocratie directe et non de savoir technique.

L'information présentée par des experts : Le politologue Nico Van der Heyden s'est intéressé aux prises de décision dans le cadre de la démocratie directe pour le canton suisse d'Aargau (MD Magazin 4/2012 p.16) et il constate que les citoyens s'intéressent en premier lieu à ce que disent les médias traditionnels (journaux, radio, télévision...) - leur source d'information principale. Ensuite, étonnamment, vient le petit livre d'information officielle que reçoivent les citoyens avant chaque vote. Dans ce livret on trouve des renseignements pratiques ainsi que les raisons des « pour » et des « contre ». La plupart des votants le consultent avec beaucoup de sérieux. Rares sont ceux qui se tournent vers internet – car on y trouve trop d'opinions de gens peu compétents – ou qui écoutent famille et amis...

En conclusion on peut dire que le citoyen qui a été responsabilisé se conduit de manière responsable.

Une note d'actualité : la Suisse – championne de la démocratie directe – vient de voter une loi qui élimine les salaires indécents du patronat et les parachutes dorés. La Suisse aura droit à des chefs d'entreprise sélectionnés pour leurs compétences et non pour leur aptitude rémunérée à cacher les procédés douteux qui caractérisent la gestion de la plupart des entreprises.