Mieux encore, avec 100.000 signatures une personne peut soumettre un projet de nouvelle loi au peuple. Six mois plus tard, le peuple décide d'adopter ou de refuser cette loi : un autre type de référendum. Pour qu'une loi soit adoptée ou éliminée, la majorité est nécessaire parmi les citoyens et parmi les cantons. Il est important de savoir que chacun des 26 cantons suisses est très autonome et est géré comme une petite Suisse. Bien sûr, les Suisses ne votent pas chaque semaine et les « votations » sur les questions étudiées pendant 6 mois sont regroupés par lots tous les trois mois.

Dans les faits, le parlement suisse tente en permanence de limiter les domaines d'application du référendum et le peuple doit lutter contre ses représentants élus (!) pour garder sa liberté. Ailleurs, la démocratie directe  est très limitée: les Etats des USA et les länder d'Allemagne qui ont adopté le système suisse ne sont pas des états souverains et l'état fédéral qui les intègre est politisé comme chez nous... L'Italie ne peut jouir de sa démocratie directe car de nombreux domaines ne peuvent faire l'objet d'un référendum...

Dans nos pays la « particratie », le pouvoir confisqué par les partis, a éliminé toute possibilité au peuple de s'exprimer normalement. Si les Suisses votent pour des idées, des principes, nous votons pour des programmes de partis... qui tiennent tous le même discours ! Leur seul but est de garder leurs avantages et les « particrates » feront tout pour empêcher la démocratie directe de fleurir alors que les Suisses peuvent démettre – par référendum - les élus pendant leur mandat !

Quels sont les arguments de « nos » politiciens ? D'abord que le peuple n'a pas les compétencespour décider des lois. Nos députés les ont encore beaucoup moins : le vote à l'assemblée se fait selon la couleur politique et à main levée – le vote n'est pas secret - on ne vote pas selon ses compétences ou convictions ! Imagine-t-on les citoyens exposant leur bulletin de vote avant de le glisser dans l'urne ? Toutes les expériences réalisées ont montré que le citoyen s'informe, réfléchit et vote intelligemment sur les questions qui lui sont soumises. Si « personne ne s'intéresse à la politique », c'est évidemment parce que nous sommes ridiculisés par la politique imposée. Nous ne nous retrouvons plus dans les programmes des partis...

Il faut avouer qu'il n'existe presque aucun livre sur la démocratie directe à la Suisse en français alors qu'il y en a beaucoup en allemand ou en anglais. Notre inertie, notre indifférence servent la « particratie ». Pourtant, dans tous les états en démocratie directe les citoyens payent 30% d'impôts en moins et le niveau de vie est meilleur. Un sentiment national européen pourrait naître...

Aujourd'hui et dans l'indifférence générale, de nouveaux partis en Europe font la promotion de la dictature religieuse. La liberté d'opinion, d'expression est rapidement éliminée par les directives de la Commission européenne ... non élue !! Le « politiquement correct » est une muselière efficace... et l'histoire montre que seuls des évènements graves font bouger le peuple. Les Européens doivent réagir avant d'en arriver à une situation explosive.

NB. Un site francophone se consacre à la démocratie directe et à la liberté d'expression : « Enquête et Débat »

 

-- Claude Brasseur